C’est drôle, comme on s’habitue…

alain gagnon, Chat Qui Louche, francophonie, littérature, maykan, québecC’est drôle, comme on s’habitue tellement à la douleur qu’on finit par l’appeler bonheur. C’est drôle, tous ces hommes qui galopent le long des trottoirs et ne sentent même plus toutes ces échardes qui creusent leur voûte plantaire. C’est drôle, toutes ces femmes qui donnent la vie alors qu’elles ont déjà rangé la leur dans le placard de l’entrée, avec leurs rêves de petites filles. Toutes ces femmes qui se fatiguent à rester jeunes comme elles ont des rides au bord des yeux depuis leurs sept ans, tous ces hommes qui passent leur temps à prouver qu’ils existent comme ils sont morts depuis longtemps. Les rues du monde sont pavées de cadavres que le désir a désertés, mais que l’orgueil tient debout le temps que le rideau tombe pour de bon. C’est drôle, comme on s’habitue tellement à l’ennui qu’on finit par trouver du plaisir…

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