Traverser le tumulte, la rumeur, le rêve, la lutte, le plaisir, le travail, la douleur, le silence; se reposer dans le sacrifice, et, là, contempler Dieu; commencer à Foule et finir à Solitude, n’est-ce pas, les proportions individuelles réservées, l’histoire de tous?
On ne s’étonnera donc pas de voir, nuance à nuance, ces deux volumes s’assombrir pour arriver, cependant, à l’azur d’une vie meilleure.
La joie, cette fleur rapide de la jeunesse, s’effeuille page à page dans le tome premier, qui est l’espérance, et disparaît dans le tome second, qui est le deuil.
Quel deuil? Le vrai, l’unique: la mort; la perte des êtres chers.
Nous venons de le dire, c’est une âme qui se raconte dans ces deux volumes: Autrefois, Aujourd’hui. Un abîme les sépare, le tombeau.
Guernesey, mars 1856
Victor Hugo.

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