-Donnes moi ta main. Je vais te tenir la main, comme ça tu marcheras mieux…

Cette vérité tombante de ce ciel, sur ce chemin, comme sur ces feuilles encore d’automne, ayant traversés un hiver doux, sous les rayons timides du printemps, retentit au plus profond de nous..;

Tant de pas, tant de forces envolés, de foulées dispersées sur le sol, tantôt lisse, cahoteux, bétonneux, métalliques.

On hisse le genoux, on guide le pas avec ces pauvres yeux, on fixe cet équilibre toujours précaire encore miraculeux et toujours là. Cet équilibre qui tant bien même, les miracles qu’il accomplit, sonne faux, délivre un faux pas, un pas fébrile et fragile. Au bord de la rage, on passe en apnée pensant mieux s’exécuter.

Le coeur est d’abord lent, s’accommode et s’efforce doucement, puis cogne, jusqu’à retentir en thoracique et en vos tympans. Alors on s’arrête, on s’immobilise, on capitule et on envie de repartir. On respire, on inspire doucement, mais il y a urgence, à ne pas faiblir ni s’écrouler. Alors on force le soupir, l’air , afin d’emplir en urgence nos poumons. C’est stupide et imbécile.

La valse opère et c’est trop tard, le pas imbécile et présent, on continue tant bien  même d’avancer, se rassurant avec notre ombre au sol que tout va bien, alors que la mécanique est déjà rouillée, tel un automate désarticulé tenant par des fils imaginaires érigés par la conscience, en apesanteur.

C’est alors que l’on écarquille les yeux, on sort de cette torpeur écrasante, qui nous dicter de faire « seul », et que l’on s’aperçoit que l’on avait oublié cette main qui s’était proposé pour mieux marcher, et avancer.

 

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