C’était la saison des étoiles filantes et je me demandais pourquoi elles choisissaient pour tomber le même mois que les fruits mûrs.
Couché sur le dos, je me perdais dans le ciel ; je me promenais sur la Voie Lactée, grimpais sur la Grande Ourse comme sur un arbre, m’égratignais les mains en me hissant sur le Chariot, fréquentais Sirius, ramassais à mes pieds certaines étoiles sans nom et trop humbles pour oser me le dire : je les portais à mon oreille pour guetter leur murmure comme celui des coquillages et me mettais à jongler avec Castor et Pollux, dont on méconnaît en général les humeurs espiègles.
Je m’endormais ainsi en plein rêve et lorsque je me réveillais, tout ce tapis étincelant et brodé avec un si profond souci de plaire au regard avait disparu.
Romain Gary – Les Enchanteurs.

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