Incertitude

L’incertitude était là, tapie, dans l’ombre de ses pensées, redoutable, rampante et surprenante, surgissant à la moindre idée.
D’abord frustré, haineux envers elle, il avait appris à s’accommoder de son existence près de lui. Elle, qui guettait le moindre de ses actes.
Puis, avec le temps, Il avait réussi à lui donner une raison d’être. La vérité était indéniable et accablante : c’était grâce à elle, qu’il forgeait ses convictions.

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Tant de temps.

 

La vie nous offre, nous ote et nous rend continuellement.

Parfois, l’essentiel, les choses simples unissent et renforcent les liens de partage, de fraternité et d’authenticité. En ces précieux moments où dans le regard de son prochain on cerne les mêmes joies, les mêmes peines, les mêmes silences.

Le pouvoir, la volonté, la beauté en nos pensées, nos actes dont la vie nous comble, fascinent : tant ils sont emplis de mystères et tant ils nous rapprochent à Elle.

Et on ne se rend jamais suffisamment compte : la conscience du moment n’arrive que rarement à égaler le vécu du moment.

Tant de peines, de sourires emplissent les coeurs et les âmes.
Tant de moments de vie ne valent pas que l’on soit triste, que les regrets envahissent.
Tant de moments passés, précieux, uniques valent juste de les vivre en se tournant au jour le jour vers cette vie Créatrice et Pourvoyeuse.

Et on continue dans le présent, de se souvenir du passé, de se rappeler, les pas accomplis, les mots dits, les regards aux lointains, les forces évaporées.

Toutes ces étincelles qui ont fait notre vie, encore présente, qui deviendra passée après l’instant, et qui demeurera incertaine au futur.

Car il y a tant, dans le passé, et encore plus, il y a longtemps, mais nous ne savons pas s’il y aura, autant, encore à venir.

Des Ordres et des re-lèves (toi).

Voyage

« quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu’au jour où, pas trop sûr de soi, on s’en va pour de bon. un voyage se passe de motifs. il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. on croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »

— nicolas bouvier – 1963

Eveil.

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Arrive  un  moment, où en proie à milles et un tourment, à une forteresse de doutes,

Dépité, on écoute le désir d’abandon,

L’esprit ne demande alors qu’à s’arrêter là, à même le sol.
Epuisé, le corps vidé s’observe.
La tentation de tout abandonner est là, ne demandant qu’à être accueillie.
Au loin, une mouette traverse le ciel,
Son cri retentit,
On lève le regard,
On accueille ce cri,
On perçoit cette douce chaleur.
Les sens s’éveillent.
Esprit et Corps en réveil.

On choisit de se libérer, de tourner l’esprit vers l’existence d’un moment délicieusement présent.

On se réfugie en nos précieux sens qui ne demandent qu’à être ranimés,

On se rappelle ces mouvements de vie passés, présents et en espère peut être à venir.

On décide de rassembler ses efforts et forces,
On puise fort en soi, car le moment indique que faiblir n’est guère profitable, que nous avons tant encore à découvrir et à vivre.
Alors, on ramasse son esprit qui demandait à demeurer à terre, le ravive d’un regard plus curieux sur le monde, avec de nouveaux pas conquérants, de forces nouvelles et encore plus profondes, et d’efforts noblement renouvelés.
Et on observe la vie, en renouveau pérpetuel, qui nous accueille ingénieusement et généreusement, nous guidant vers la conquête d’une certitude : celle de mettre à profit, même moindre, l’instant présent.
JST

Mariam Mirzakhani. Mathématicienne.

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Comme tous les quatre ans depuis 1950, le Congrès international des mathématiciens (ICM, International Congress of Mathematicians) est l’occasion de l’attribution de la mythique médaille Fields que l’on considère comme l’équivalent du prix Nobel. Elle s’accompagne d’un prix d’environ 11.000 euros et les lauréats, quatre mathématiciens au plus, doivent être âgés de moins de 40 ans. Les premières médailles Fields ont en réalité été décernées en 1936 et, fait qui peut intriguer, depuis cette époque les 52 lauréats étaient tous des hommes.
Cette année, l’ouverture de l’ICM s’accompagne d’un véritable coup de tonnerre puisqu’il a été annoncé officiellement qu’en plus du Franco-Brésilien Artur Avila, de l’Autrichien Martin Hairer et du Canado-Américain Manjul Bhargava, il y avait une femme parmi les lauréats. Il s’agit de la mathématicienne iranienne Maryam Mirzakhani. Le fameux journal Quanta Magazine de la Simons Foudation consacre d’ailleurs un article entier à la chercheuse. Pure produit du système d’éducation ultra-élitiste en Iran, la mathématicienne n’en a pas moins passé son doctorat à l’université d’Harvard aux États-Unis sous la direction d’un autre lauréat de la médaille Fields, Curtis McMullen. Après avoir décroché son diplôme en 2004, elle passera quelques années à Princeton avant de s’établir à Stanford où elle est professeur depuis 2008. On peut trouver plus de détails sur sa trajectoire dans une interview qu’elle a accordée et dans la vidéo ci-dessous qui la complète.

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mathematiques-maryam-mirzakhani-premiere-femme-decrocher-medaille-fields-54882/

 

Maryam Mirzakhani, mathématicienne de nationalité iranienne, est morte à l’âge de 40 ans, samedi 15 juillet, des suites d’un cancer, aux Etats-Unis. Spécialiste de la dynamique et de la géométrie des surfaces dites de Riemann, elle était la première femme à avoir remporté, en 2014, la médaille Fields, l’une des récompenses scientifiques les plus réputées, considérée comme le Nobel de la discipline.
Son compatriote Firouz Naderi, un scientifique de la NASA, a partagé la nouvelle sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram : « Une lumière s’est éteinte, cela me brise le cœur… Elle est partie trop tôt. »

 

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/15/la-mathematicienne-iranienne-maryam-mirzakhani-est-morte_5160989_3382.html

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/15/la-mathematicienne-iranienne-maryam-mirzakhani-est-morte_5160989_3382.html#wGUIuzJoRVIIiteU.99

Au début..

“Au début on ne lit pas. Au lever de la vie, à l’aurore des yeux. On avale la vie par la bouche, par les mains, mais on ne tache pas encore ses yeux avec de l’encre. Aux principes de la vie, aux sources premières, aux ruisselets de l’enfance, on ne lit pas, on n’a pas l’idée de lire, de claquer derrière soi la page d’un livre, la porte d’une phrase. Non c’est plus simple au début. Plus fou peut-être. On est séparé de rien, par rien. On est dans un continent sans vraies limites – et ce continent c’est vous, soi-même.”
Une petite robe de fête. Christian Bobin

citadelle d’Arg-é Bam. Iran

« Au sud du haut plateau iranien, près de la frontière pakistanaise, la haute d’Arg-é Bam borde la route de la soie. Selon la légende, cette ville en terre doit son existence à un ver magique.

Dans le poème épique Shahnameh du poète persan Ferdowsî, une fille filait du coton quand elle a découvert qu’un ver s’était glissé dans une pomme qu’elle avait mis de côté.

Alors que le ver continuait à manger et à grandir, il produisait un fil délicat qui fit la richesse du père de la jeune fille, Haftvad, qui a fortifié la ville afin de protéger cette source de richesse providentielle. Selon l’historien et géographe Hamdollāh Mostowfi, lorsqu’un envahisseur a pris d’assaut la citadelle et a percé le ver avec une tige de métal, « le vers d’Haftvad a éclaté. C’est pour cette raison que l’endroit a pris le nom de Bam (qui signifie « éclater »). ».

 

Au sud du haut plateau iranien, près de la frontière pakistanaise, la haute d’Arg-é Bam borde la route de la soie. Selon la légende, cette ville en terre doit son existence à un ver magique.

Dans le poème épique Shahnameh du poète persan Ferdowsî, une fille filait du coton quand elle a découvert qu’un ver s’était glissé dans une pomme qu’elle avait mis de côté.

Alors que le ver continuait à manger et à grandir, il produisait un fil délicat qui fit la richesse du père de la jeune fille, Haftvad, qui a fortifié la ville afin de protéger cette source de richesse providentielle. Selon l’historien et géographe Hamdollāh Mostowfi, lorsqu’un envahisseur a pris d’assaut la citadelle et a percé le ver avec une tige de métal, « le vers d’Haftvad a éclaté. C’est pour cette raison que l’endroit a pris le nom de Bam (qui signifie « éclater »). »

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http://www.nationalgeographic.fr/histoire/2017/06/lancienne-citadelle-darg-e-bam-ete-reconstruite-lidentique