Livre

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Ces êtres …

Ces êtres qui nous apprennent précieusement tant sur nous.

Ces être qui nous écoutent,
Ces regards qui nous lisent,
Ces forces qui nous guident,

Ces autres qui nous apprennent, nous comprennent.

Ces autres, êtres, qui, silencieusement nous renvoient notre existence, à chaque élan, chaque souffle, et battement.

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Volonté et temps. A. St Exupéry.

« Je veux qu’ils aiment les eaux vives des fontaines. Et la surface unie de l’orge verte recousue sur les craquelures de l’été.
Je veux qu’ils glorifient le retour des saisons. Je veux qu’ils se nourrissent, pareils à des fruits qui s’achèvent, de silence et de lenteur.
Je veux qu’ils pleurent longtemps leurs deuils et qu’ils honorent longtemps les morts, car l’héritage passe lentement d’une génération à l’autre et je ne veux pas qu’ils perdent leur miel sur le chemin.
Je veux qu’ils soient semblables à la branche de l’olivier. Celle qui attend. Alors commencera de se faire sentir en eux le grand balancement de Dieu qui vient comme un souffle essayer l’arbre. Il les conduit puis les ramène de l’aube à la nuit, de l’été à l’hiver, des moissons qui lèvent aux moissons engrangées, de la jeunesse à la vieillesse, puis de la vieillesse aux enfants nouveaux.

Car ainsi que l’arbre, tu ne sais rien de l’homme si tu l’étales dans sa durée et le distribues dans ses différences. L’arbre n’est point semence, puis tige, puis tronc flexible, puis bois mort. Il ne faut point le diviser pour le connaître.

L’arbre, c’est cette puissance qui lentement épouse le ciel. Ainsi de toi, mon petit d’homme.

Dieu te fait naitre, te fait grandir, te remplit successivement de désirs, de regrets, de joies et de souffrances, de colères et de pardons, puis Il te rentre en Lui. Cependant, tu n’es ni cet écolier, ni cet époux, ni cet enfant, ni ce vieillard. Tu es celui qui s’accomplit. Et si tu sais te découvrir branche balancée, bien accrochée à l’olivier, tu goûteras dans tes mouvements l’éternité. Et tout autour de toi se fera éternel. Éternelle la fontaine qui chante et a su abreuver tes pères, éternelle la lumière des yeux quand te sourira la bien-aimée, éternelle la fraicheur des nuits.

Le temps n’est plus un sablier qui use son sable, mais un moissonneur qui noue sa gerbe. »
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ANTOINE DE SAINT EXUPERY

Faiblesses et Forces

« Il faut tout mettre en œuvre pour parvenir à tirer profit, même de la situation la plus destructrice.
J’insiste sur les épreuves parce que celles-ci restent inévitables.
Rien ne sert de discourir, d’épiloguer des heures durant sur la souffrance.
Il faut trouver des moyens pour l’éliminer et, si on ne le peut pas, l’accepter, lui donner sens »
Éloge de la faiblesse, A. Jollien

Escalier et savoirs

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Escaliers d’université de Balamand (Nord du Liban).

Parmis la République de Platon, le Discours de la méthode de Descartes, voici les titres arabes cités :
Nahj Al-Balagha – ( la voie de l’éloquence d’Ali ibn AbuTalib)
Risalat Al-Ghufran – (l’épitre du pardon d’Al Maari)
Al Muqaddimah – ( les prolégomènes d’Ibn Khaldoun )

(Source: Amro Ali – tweeter)

Ecrire

“C’est tout simple, écrire. Ou bien c’est une manière de se re-territorialiser, de se conformer à un code d’énoncés dominants, à un territoire d’états de choses établies : non seulement les écoles et les auteurs, mais tous les professionnels d’une écriture même non littéraire. Ou bien au contraire, c’est devenir, devenir autre chose qu’écrivain, puisque, en même temps, ce qu’on devient devient autre chose qu’écriture. Tout devenir ne passe pas par l’écriture, mais tout ce qui devient est objet d’écriture, de peinture ou de musique.

Tout ce qui devient est une pure ligne, qui cesse de représenter quoi que ce soit.”
— Gilles Deleuze/Claire Parnet, Dialogues, Flammarion, 1996

 

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Arbre et beautés

Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre, et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d’élégance. La beauté qui leur est nécessaire c’est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d’étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches. Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c’est la beauté, car seule la beauté dans la nature s’oppose à la gravité. Sans beauté l’arbre ne veut pas. C’est pourquoi je m’arrête à un endroit du champ et je lui demande : « ici tu veux ? » Je n’attends pas de réponse, de signe dans la main qui tient son tronc, mais j’aime dire un mot à l’arbre. Lui sent les bords, les horizons et cherche l’endroit exact pour pousser.

Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims. Il sent les tempêtes sur les soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait.

Erri de Luca – Trois chevaux

Si minutieux, si proche du réel insondable et silencieux : quelle merveille !

La puissance et l’immobilité des arbres.

Photo : arbre en bord de chemin. Sud de la France

Voyage du Mot.

Voyage et anatomie du mot … magnifique.

 
« Pour lui parler, il faut utiliser peu de mots : des mots simples, des mots essentiels, qui vont du cœur au cœur.
Des mots qui se glissent, petit à petit, avec leurs consonnes, leurs voyelles, dans le corps et la pensée de Marie.
Des mots qui deviendront la matière de ce corps, le ferment de cette pensée, des mots à lent parcours qui traverseront le conduit auditif, atteindront la caisse du tympan, percuteront les osselets, ensuite lerocher; des mots qui se frayeront lentement passage dans le labyrinthe de l’oreille.
Des mots aimés, des mots aimants, ressentis, agrippés à l’espérance.
Des mots vrais même s’ils mentent.
Des mots forgés d’amour et de promesse, même s’ils simulent.
Des mots réels et fictifs.
Des mots pour vivre et pour rêver. »

 


— Le message. Andrée Chedid

Alphabet de la nature.

“Nous apprenons des alphabets et nous ne savons pas lire les arbres.
Les chênes sont des romans,
les pins des grammaires,
les vignes sont des psaumes,
les plantes grimpantes des proverbes,
les sapins sont des plaidoiries,
les cyprès des accusations, 
le romarin est une chanson,
le laurier une prophétie.”
— Erri De Lucas

 

 


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