Eveil.

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Arrive  un  moment, où en proie à milles et un tourment, à une forteresse de doutes,

Dépité, on écoute le désir d’abandon,

L’esprit ne demande alors qu’à s’arrêter là, à même le sol.
Epuisé, le corps vidé s’observe.
La tentation de tout abandonner est là, ne demandant qu’à être accueillie.
Au loin, une mouette traverse le ciel,
Son cri retentit,
On lève le regard,
On accueille ce cri,
On perçoit cette douce chaleur.
Les sens s’éveillent.
Esprit et Corps en réveil.

On choisit de se libérer, de tourner l’esprit vers l’existence d’un moment délicieusement présent.

On se réfugie en nos précieux sens qui ne demandent qu’à être ranimés,

On se rappelle ces mouvements de vie passés, présents et en espère peut être à venir.

On décide de rassembler ses efforts et forces,
On puise fort en soi, car le moment indique que faiblir n’est guère profitable, que nous avons tant encore à découvrir et à vivre.
Alors, on ramasse son esprit qui demandait à demeurer à terre, le ravive d’un regard plus curieux sur le monde, avec de nouveaux pas conquérants, de forces nouvelles et encore plus profondes, et d’efforts noblement renouvelés.
Et on observe la vie, en renouveau pérpetuel, qui nous accueille ingénieusement et généreusement, nous guidant vers la conquête d’une certitude : celle de mettre à profit, même moindre, l’instant présent.
JST
( source photo : http://changedevue.tumblr.com)

Mariam Mirzakhani. Mathématicienne.

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Comme tous les quatre ans depuis 1950, le Congrès international des mathématiciens (ICM, International Congress of Mathematicians) est l’occasion de l’attribution de la mythique médaille Fields que l’on considère comme l’équivalent du prix Nobel. Elle s’accompagne d’un prix d’environ 11.000 euros et les lauréats, quatre mathématiciens au plus, doivent être âgés de moins de 40 ans. Les premières médailles Fields ont en réalité été décernées en 1936 et, fait qui peut intriguer, depuis cette époque les 52 lauréats étaient tous des hommes.
Cette année, l’ouverture de l’ICM s’accompagne d’un véritable coup de tonnerre puisqu’il a été annoncé officiellement qu’en plus du Franco-Brésilien Artur Avila, de l’Autrichien Martin Hairer et du Canado-Américain Manjul Bhargava, il y avait une femme parmi les lauréats. Il s’agit de la mathématicienne iranienne Maryam Mirzakhani. Le fameux journal Quanta Magazine de la Simons Foudation consacre d’ailleurs un article entier à la chercheuse. Pure produit du système d’éducation ultra-élitiste en Iran, la mathématicienne n’en a pas moins passé son doctorat à l’université d’Harvard aux États-Unis sous la direction d’un autre lauréat de la médaille Fields, Curtis McMullen. Après avoir décroché son diplôme en 2004, elle passera quelques années à Princeton avant de s’établir à Stanford où elle est professeur depuis 2008. On peut trouver plus de détails sur sa trajectoire dans une interview qu’elle a accordée et dans la vidéo ci-dessous qui la complète.

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mathematiques-maryam-mirzakhani-premiere-femme-decrocher-medaille-fields-54882/

 

Maryam Mirzakhani, mathématicienne de nationalité iranienne, est morte à l’âge de 40 ans, samedi 15 juillet, des suites d’un cancer, aux Etats-Unis. Spécialiste de la dynamique et de la géométrie des surfaces dites de Riemann, elle était la première femme à avoir remporté, en 2014, la médaille Fields, l’une des récompenses scientifiques les plus réputées, considérée comme le Nobel de la discipline.
Son compatriote Firouz Naderi, un scientifique de la NASA, a partagé la nouvelle sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram : « Une lumière s’est éteinte, cela me brise le cœur… Elle est partie trop tôt. »

 

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/07/15/la-mathematicienne-iranienne-maryam-mirzakhani-est-morte_5160989_3382.html

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Au début..

“Au début on ne lit pas. Au lever de la vie, à l’aurore des yeux. On avale la vie par la bouche, par les mains, mais on ne tache pas encore ses yeux avec de l’encre. Aux principes de la vie, aux sources premières, aux ruisselets de l’enfance, on ne lit pas, on n’a pas l’idée de lire, de claquer derrière soi la page d’un livre, la porte d’une phrase. Non c’est plus simple au début. Plus fou peut-être. On est séparé de rien, par rien. On est dans un continent sans vraies limites – et ce continent c’est vous, soi-même.”
Une petite robe de fête. Christian Bobin

citadelle d’Arg-é Bam. Iran

« Au sud du haut plateau iranien, près de la frontière pakistanaise, la haute d’Arg-é Bam borde la route de la soie. Selon la légende, cette ville en terre doit son existence à un ver magique.

Dans le poème épique Shahnameh du poète persan Ferdowsî, une fille filait du coton quand elle a découvert qu’un ver s’était glissé dans une pomme qu’elle avait mis de côté.

Alors que le ver continuait à manger et à grandir, il produisait un fil délicat qui fit la richesse du père de la jeune fille, Haftvad, qui a fortifié la ville afin de protéger cette source de richesse providentielle. Selon l’historien et géographe Hamdollāh Mostowfi, lorsqu’un envahisseur a pris d’assaut la citadelle et a percé le ver avec une tige de métal, « le vers d’Haftvad a éclaté. C’est pour cette raison que l’endroit a pris le nom de Bam (qui signifie « éclater »). ».

 

Au sud du haut plateau iranien, près de la frontière pakistanaise, la haute d’Arg-é Bam borde la route de la soie. Selon la légende, cette ville en terre doit son existence à un ver magique.

Dans le poème épique Shahnameh du poète persan Ferdowsî, une fille filait du coton quand elle a découvert qu’un ver s’était glissé dans une pomme qu’elle avait mis de côté.

Alors que le ver continuait à manger et à grandir, il produisait un fil délicat qui fit la richesse du père de la jeune fille, Haftvad, qui a fortifié la ville afin de protéger cette source de richesse providentielle. Selon l’historien et géographe Hamdollāh Mostowfi, lorsqu’un envahisseur a pris d’assaut la citadelle et a percé le ver avec une tige de métal, « le vers d’Haftvad a éclaté. C’est pour cette raison que l’endroit a pris le nom de Bam (qui signifie « éclater »). »

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http://www.nationalgeographic.fr/histoire/2017/06/lancienne-citadelle-darg-e-bam-ete-reconstruite-lidentique

Severin Suzuki.

 

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« Bonjour, je suis Severn Suzuki, je m’exprime au nom de l’ECO, l’Environmental Children’s Organization, un groupe d’enfants âgés de douze à treize ans qui tentons de nous faire entendre…

Vanessa Suttie, Morgan Geisler, Michelle Quigg et moi. Nous avons trouvé l’argent nous-mêmes pour parcourir 5000 miles afin de vous dire que vous devez changer.

En venant ici aujourd’hui, je n’ai pas à cacher mes objectifs. Je me bats pour mon avenir. Perdre son avenir n’est pas comme perdre une élection ou quelques points en bourse.

Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés du monde entier dont les cris ne sont pas entendus. Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent sur cette planète, car ils n’ont nulle part d’autre où aller.
J’ai peur de m’exposer au soleil à cause des trous dans la couche d’ozone. J’ai peur de respirer l’air parce que je ne sais pas les produits chimiques qu’il contient. J’avais l’habitude d’aller pêcher à Vancouver, ma ville natale, avec mon père, jusqu’à ce qu’on trouve il y a quelques années, un poisson criblé de cancers. Et maintenant, nous entendons parler d’animaux et de plantes qui disparaissent chaque jour, perdus à jamais.

Dans ma vie, j’ai rêvé de voir de grands troupeaux d’animaux sauvages, des jungles et des forêts tropicales remplies d’oiseaux et de papillons, mais maintenant je me demande si tout cela existera encore lorsque mes enfants voudront le voir.

Vous préoccupiez-vous de ces choses lorsque vous aviez été mon âge ? Tout cela se déroule sous nos yeux, et pourtant nous agissons comme si nous avions tout le temps que nous voulions et toutes les solutions. Je suis seulement un enfant et je n’ai pas toutes les solutions, mais je veux que vous réalisiez que vous non plus ! Vous ne savez pas comment réparer les trous de notre couche d’ozone. Vous ne savez pas comment faire revenir le saumon dans nos eaux polluées. Vous ne savez pas comment ramener un animal dont l’espèce est éteinte. Et vous ne pouvez pas ramener les forêts dans des zones qui sont devenues des déserts.

Si vous ne savez pas comment réparer les dégats, s’il vous plaît, arrêtez de casser ! Ici, vous êtes des délégués de vos gouvernements, hommes d’affaires, journalistes ou hommes politiques. Mais, en réalité, vous êtes des mères et des pères, des soeurs et des frères, des tantes et des oncles. Et chacun de vous est l’enfant de quelqu’un. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous faisons tous partie d’une famille, forte de cinq milliards de membres, en fait, forte de 30 millions d’espèces. Les frontières et les gouvernements ne changeront jamais ça. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous sommes tous concernés par le même problème, et que nous devrions agir comme un seul et même monde, tendu vers un objectif unique.Dans ma colère, je ne suis pas aveugle, et dans ma peur, je ne crains pas de dire au monde ce que je ressens.

Dans mon pays, nous gaspillons tellement. Nous achetons et jetons, nous achetons, puis jetons. Et pourtant, les pays du Nord ne partagent pas avec les nécessiteux. Même si nous avons plus que ce dont nous avons besoin, nous avons peur de partager, peur de perdre certaines de nos richesses.

Au Canada, nous menons une vie privilégiée dans l’abondance de nourriture, d’eau et d’abris. Nous avons des montres, des vélos, des ordinateurs et des téléviseurs. Il y a deux jours, ici au Brésil, nous avons été choqués lorsque nous avons passé du temps avec des enfants vivant dans la rue. Voici ce qu’un de ces enfants nous a dit:

« Je voudrais être riche. Et si je l’étais, je donnerais à tous ces enfants de la nourriture, des vêtements, des médicaments, un abris, de l’amour et de l’affection. »

Si un enfant de la rue qui n’a rien est prêt à partager, pourquoi nous qui avons tout sommes nous aussi avares ? Je ne peux m’empêcher de penser que ces enfants ont mon âge et que le lieu de naissance fait une si immense différence. Je pourrais être l’un de ces enfants vivant dans les favelas de Rio. Je pourrais être un enfant souffrant de la faim en Somalie, une victime de la guerre au Moyen-Orient, ou un mendiant en Inde. Je suis seulement un enfant, mais je sais que si tout l’argent dépensé pour la guerre était consacré à trouver des solutions environnementales et à lutter contre la pauvreté et les maladies, que ce monde serait merveilleux !

À l’école, même à la maternelle, vous nous apprenez à nous comporter dans ce monde. Vous nous apprenez à ne pas nous battre, à travailler dur, à respecter les autres, à faire notre lit, à nettoyer nos traces, à ne pas blesser d’autres créatures, à partager, à ne pas être gourmand. Alors pourquoi faites vous tout ce que vous nous dites de ne pas faire ?

N’oubliez pas pourquoi vous assistez à ces conférences, pour qui vous le faites… nous sommes vos propres enfants. Vous décidez dans quel monde nous allons grandir. Les parents devraient être en mesure de rassurer leurs enfants en leur disant « Tout va bien se passer, ce n’est pas la fin du monde et nous faisons de notre mieux. »

Mais je ne pense pas que vous puissiez encore nous dire cela. Sommes-nous seulement sur la liste de vos priorités ? Mon père dit toujours : « Tu es ce que tu fais, pas ce que tu dis ». Eh bien, ce que vous faites me fait pleurer la nuit. Vous continuez de nous dire que vous nous aimez. Mais je vous mets au défi, s’il vous plaît : faites que vos actions reflètent vos mots.

Merci. »

 

Resister. Christian BOBIN.

“…Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l’attention au monde et aux gens. Il est possible que le monde moderne soit une sorte d’entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales – sous le prétexte de les exalter. Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas. Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide.
Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d’éparpillement. La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister.
Le grand mot est celui-là : RESISTER.”

 

Christian Bobin